Catastrophe naturelle dans les Alpes-Maritimes : Isola, Rigaud et Auribeau-sur-Siagne reconnues
Un arrêté interministériel publié au Journal officiel le 22 septembre 2026 reconnaît l’état de catastrophe naturelle dans trois communes des Alpes-Maritimes. Il concerne des inondations et coulées de boue survenues en août 2026 à Isola et Rigaud, ainsi qu’un mouvement de terrain survenu en janvier 2025 à Auribeau-sur-Siagne.
Cette reconnaissance ouvre une étape administrative importante pour les personnes dont le contrat couvre les biens endommagés. Elle ne vaut toutefois ni indemnisation automatique, ni reconnaissance de tous les désordres observés. Chaque dossier doit établir que les dommages matériels directs ont été causés par le phénomène retenu dans l’arrêté.

Trois communes, trois situations précisément délimitées
L’arrêté du 11 septembre 2026, publié le 22 septembre, retient les communes et périodes suivantes :
| Commune | Phénomène reconnu | Période retenue | Élément relevé dans l’arrêté |
|---|---|---|---|
| Isola | Inondations et coulées de boue | 16 août 2026 | Pluie d’une durée de retour supérieure à dix ans et matériaux transportés par la crue |
| Rigaud | Inondations et coulées de boue | 14 août 2026 | Cumuls de pluie d’une durée de retour supérieure à dix ans |
| Auribeau-sur-Siagne | Mouvements de terrain hors sécheresse géotechnique | 30 et 31 janvier 2025 | Glissement naturel présentant une intensité anormale par la quantité de matériaux mobilisés et déplacés |
Les dates et la nature du phénomène comptent. Par exemple, la reconnaissance d’Auribeau-sur-Siagne vise un mouvement de terrain hors sécheresse géotechnique : elle ne doit pas être confondue avec le retrait-gonflement des argiles.
Il s’agit d’une reconnaissance administrative, pas d’une alerte météo
La publication du 22 septembre porte sur des événements passés. Elle ne signifie pas qu’un nouvel épisode est en cours. À la consultation des bulletins officiels du 24 septembre 2026 à 6 heures, les Alpes-Maritimes n’étaient pas placées en vigilance météorologique particulière et Vigicrues ne signalait pas de vigilance spécifique sur le secteur.
En cas de changement, les consignes de la préfecture, de la commune, de Météo-France et de Vigicrues priment. Ne rejoignez jamais un bien si les accès sont interdits ou si la sécurité des personnes n’est pas assurée.
Sinistrés : le délai de déclaration est de 30 jours
La préfecture rappelle que les assurés disposent de 30 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel pour transmettre à leur assureur un état estimatif des pertes. L’arrêté ayant été publié le 22 septembre 2026, il est prudent d’engager la démarche sans attendre et de demander à l’assureur de confirmer la date limite applicable au contrat.
Si une première déclaration a déjà été effectuée après le sinistre, transmettez quand même la référence de l’arrêté et demandez par écrit si le dossier doit être complété. Conservez la preuve de chaque envoi : accusé de réception, courriel, numéro de dossier et copie des pièces jointes.
Les informations essentielles à réunir
La déclaration doit permettre de comprendre le sinistre sans ambiguïté. Préparez notamment :
- vos coordonnées, l’adresse du bien et le numéro de contrat ;
- la date, l’heure approximative, le lieu et la nature des dommages ;
- une chronologie simple : apparition de l’eau ou du mouvement, évolution, mesures prises ;
- des photographies et vidéos datées, d’ensemble puis de détail ;
- un inventaire chiffré des biens et matériaux atteints ;
- les factures d’achat disponibles, relevés bancaires, notices ou photographies antérieures ;
- les factures des mesures conservatoires et des réparations urgentes ;
- les rapports utiles : intervention des secours, constat, recherche de cause, diagnostic d’humidité ou avis technique ;
- pour une activité professionnelle, une estimation de la perte d’exploitation si cette garantie figure au contrat.
Photographiez aussi les niveaux atteints par l’eau, dépôts de boue, fissures, déformations et limites des zones touchées. Une vue large situe le dommage ; une vue rapprochée en montre la nature. N’effacez pas les fichiers originaux et évitez de modifier leurs métadonnées.
Le pôle de gestion globale et maîtrise d’œuvre de Solutions Après Sinistre peut aider à organiser les constats techniques, les intervenants et les étapes de remise en état. Cette coordination ne remplace ni la décision de l’assureur, ni l’expertise structurelle ou géotechnique lorsqu’elle est nécessaire.
Après une inondation ou une coulée de boue : documenter avant de déposer
La priorité reste la sécurité. Une installation électrique touchée, un plafond déformé, un mur instable, une odeur de gaz ou une eau contaminée justifient de ne pas entrer ou de quitter les lieux. Faites intervenir les services compétents avant toute manipulation.
Lorsque l’accès est autorisé :
- Figez l’état initial. Photographiez chaque pièce, les ouvertures, les équipements, les revêtements et les biens atteints.
- Limitez l’aggravation. Protégez ce qui peut l’être sans vous exposer et conservez les justificatifs des dépenses.
- Ne jetez pas trop vite. Isolez les objets irrécupérables si les conditions sanitaires le permettent, étiquetez-les et demandez l’accord de l’assureur avant évacuation. L’article consacré aux biens endommagés avant le passage de l’expert détaille cette précaution.
- Faites mesurer l’humidité cachée. Un mur peut sembler sec en surface alors que l’isolant, la chape ou une cloison reste humide. Un diagnostic d’humidité aide à délimiter les zones atteintes et à suivre leur évolution.
- Attendez un support réellement sec avant de refermer ou repeindre. Une remise en état trop précoce peut enfermer l’humidité et favoriser décollements, odeurs ou moisissures.
Les eaux boueuses ne présentent pas toutes le même niveau de contamination. La provenance de l’eau, le contact avec des eaux usées, la durée d’exposition et les matériaux atteints doivent être évalués avant le nettoyage. Un simple séchage visuel ne suffit pas toujours.
Après un mouvement de terrain : ne pas confondre constat et diagnostic
À Auribeau-sur-Siagne, le phénomène reconnu est un mouvement de terrain. Des fissures nouvelles, un mur qui se déforme, un sol qui s’affaisse, des portes qui ne ferment plus, un talus qui se déplace ou des réseaux mis en tension sont des signaux à documenter et à signaler.
Tracez les fissures uniquement si cela peut être fait sans danger, avec une règle visible sur la photographie et une date. Ne rebouchez pas avant le constat si la sécurité ne l’impose pas. Une photographie permet de conserver une preuve, mais elle ne détermine ni la stabilité de l’ouvrage ni la cause du désordre.
En présence d’un risque structurel, d’un terrain encore mobile ou d’un doute sur la stabilité, l’avis d’un professionnel compétent en structure ou en géotechnique est indispensable. SAS peut coordonner une gestion complète du dossier après sinistre, mais ne se substitue pas à l’autorité publique, à l’expert d’assurance ou à l’ingénierie spécialisée requise.
Ce que la reconnaissance ne garantit pas automatiquement
Le régime de catastrophe naturelle intervient sous plusieurs conditions. Le bien doit notamment être couvert par un contrat d’assurance dommages comportant la garantie correspondante, et le dommage doit être matériel, direct et causé par l’agent naturel reconnu. Les exclusions, franchises, plafonds et modalités du contrat restent à examiner.
L’arrêté ne tranche donc pas à lui seul :
- la cause de chaque fissure ou infiltration ;
- la valeur des biens endommagés ;
- le caractère réparable ou non d’un ouvrage ;
- le montant final de l’indemnité ;
- la prise en charge de dommages indirects ou antérieurs.
L’assureur instruit le dossier et peut mandater un expert. Le rôle des constats techniques est de décrire précisément l’état des lieux, l’étendue des atteintes et les opérations nécessaires. Pour les copropriétés, commerces ou dossiers impliquant plusieurs assureurs, l’accompagnement des assurances et syndics facilite la circulation des informations sans préjuger des responsabilités.
Les erreurs qui fragilisent un dossier
Attendre la fin du délai
Un inventaire incomplet peut être complété, mais une déclaration tardive complique inutilement le dossier. Signalez le sinistre maintenant et demandez à l’assureur comment transmettre les compléments.
Nettoyer ou démolir sans conserver de preuves
Les mesures urgentes peuvent être nécessaires pour la sécurité ou la salubrité. Avant d’intervenir, photographiez, listez et conservez les éléments déposés lorsque cela reste possible et sans danger. Demandez un accord écrit avant les travaux non urgents.
Mélanger les dommages anciens et ceux de l’événement reconnu
Séparez clairement les désordres préexistants, les aggravations et les dommages apparus pendant l’épisode. Des photographies antérieures, factures d’entretien ou états des lieux peuvent aider.
Confondre devis et preuve de causalité
Un devis chiffre des travaux ; il ne démontre pas toujours l’origine du dommage. Associez-le à des constats, diagnostics et photographies qui expliquent pourquoi l’intervention est nécessaire.
Refaire les finitions avant la fin des contrôles
Après une inondation, les travaux de remise en état doivent être séquencés après la suppression de la cause, le nettoyage adapté et la vérification du séchage. Après un mouvement de terrain, la stabilité doit être évaluée avant les reprises esthétiques.
Questions fréquentes
J’avais déjà déclaré le sinistre en août ou en janvier : dois-je recommencer ?
Contactez votre assureur en rappelant le numéro du dossier et la référence de l’arrêté publié le 22 septembre 2026. Demandez une confirmation écrite des pièces complémentaires attendues. Il est généralement inutile de créer un second dossier sans instruction de l’assureur.
Puis-je commencer les travaux avant le passage de l’expert ?
Les mesures urgentes destinées à éviter une aggravation ou à sécuriser les lieux peuvent être nécessaires. Documentez l’état initial, gardez les factures et prévenez l’assureur. Pour les travaux non urgents, obtenez son accord avant de démolir, évacuer ou reconstruire.
Tous les dommages survenus dans la commune sont-ils couverts ?
Non. Le dommage doit correspondre au phénomène, à la commune et à la période retenus, concerner un bien assuré et entrer dans les garanties du contrat. L’assureur examine le lien de causalité et les conditions de prise en charge.
Que faire si le délai approche et que tous les justificatifs ne sont pas prêts ?
Déclarez sans attendre avec les éléments disponibles, indiquez que l’inventaire est en cours et demandez par écrit comment envoyer les compléments. Conservez une copie datée de l’envoi initial.
Agir maintenant, sans précipiter la remise en état
Pour les sinistrés d’Isola, Rigaud et Auribeau-sur-Siagne, la priorité administrative est claire : informer l’assureur dans le délai prévu, référencer l’arrêté et constituer un dossier traçable. La priorité technique consiste à sécuriser, documenter, diagnostiquer puis planifier les travaux dans le bon ordre.
Solutions Après Sinistre intervient auprès des particuliers touchés par un sinistre dans les Alpes-Maritimes et le Var pour les constats techniques, la coordination et la remise en état relevant de ses métiers. L’entreprise ne décide ni de la reconnaissance administrative ni de l’indemnisation assurantielle.